Quels investisseurs pour quel avenir au Gabon ?
Attirer les investissements étrangers est devenu un objectif prioritaire du gouvernement gabonais depuis qu’est décriée la forte dépendance de l’économie nationale vis-à-vis de la manne pétrolière et que, mondialisation aidant, de nombreux intérêts étrangers recherchent des opportunités d’investissement un peu partout sur terre. Profitant à cet effet de sa réputation de pays stable, le Gabon a attiré de nouveaux investisseurs, aussi bien étatiques que privés. Comment se manifeste cette diversification ? Quels en sont les principaux acteurs ? A quoi peut s’attendre le Gabon ? Compilation des quelques données qui transparaissent de cette effervescence économique.Le contexte gabonais
Le climat politique stable, la présence d’infrastructures viables et de lois commerciales favorables à l’investissement étranger sont quelques éléments qui font en effet du Gabon un espace propice aux affaires en Afrique. La prospérité économique engendrée par le pétrole, la situation géographique marquée par 800 km de façade maritime, la stabilité politique et sociale et l’appartenance à une zone monétaire sécurisée, expliquent pourquoi de nombreux investisseurs étrangers répondent positivement aux invitations du Gabon à venir s’y installer ou à y développer des affaires.
La création de l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP) qui a pour missions de faciliter les démarches administratives relatives à la création d’une entreprise, d’informer et de conseiller les investisseurs ; l’organisation à l’étranger des “Journées économiques du Gabon” dont la plus mémorable reste celle organisée en Chine en octobre 2006 ; les diverses missions de VRP du ministre de l’Économie et des Finances et le déploiement diplomatique du ministère des Affaires étrangères, témoignent véritablement d’une volonté des pouvoirs publics gabonais à procéder à une diversification aussi bien de son économie que de ses partenaires internationaux.
Dans la plupart des secteurs où des appels d’offres ont été lancés, ou dans les secteurs qui nécessitent d’importants moyens financiers, le Gabon n’a pas hésité à choisir des adjudicataires étrangers. Ainsi, en 1999, l’attribution des licences de téléphonie mobile a échu à deux pays : L’Egypte et les Pays-Bas. Plus récemment, la Libye a acquis aussi bien la radio Africa N°1 que l’ancien hôtel Intercontinental de Libreville. De même, ce pays va construire un important complexe hôtelier sur le front de mer librevillois.
Dans le secteur forestier, des groupes étrangers, notamment Malais, ont repris plusieurs compagnies forestières franco-gabonaises et d’autres sociétés, notamment Espagnoles, Italiennes ou Libanaises ont investi, à côté des industriels français, dans le déroulage de l’okoumé et la fabrication de contreplaqué.
Par ailleurs, le programme de privatisation recommandé aux autorités gabonaises par le Front monétaire international (FMI), a été l’occasion pour d’autres intérêts de prendre pied au Gabon. Ainsi, le norvégien Scancem a repris les Ciments du Gabon, l’italien Cora Wood a racheté la Compagnie Forestière du Gabon (CFG), le malaisien Winnerpac s’est vu confié la gestion de la palmeraie d’Agrogabon tandis que Maroc Telecom a repris Gabon Telecom.
La coopération Sud-Sud du Gabon s’effectue également au niveau sous-régional. Le pays fait partie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. En décembre 2007, le Gabon a lancé sur le marché financier de l’Afrique centrale un emprunt obligataire visant à collecter 100 milliards CFA. Au terme de l’opération, 81 milliards de FCFA ont été rassemblés qui ont permis le rachat anticipé de la dette extérieure du Gabon.
Cette ouverture tous azimuts du Gabon ne s’est toutefois pas opéré au détriment des partenaires traditionnels du pays au titre desquels on compte la France et l’Union européenne. Ceux-ci continuent de jouer leur partition dans le jeu économique du Gabon et l’afflux de nouveaux partenaires n’a, en rien, entamé leur position de ténor.
Les partenaires traditionnels du Gabon : la place du Canada
Bien qu’ayant fermé son ambassade à Libreville en juin 2006, le Canada intervient au Gabon à travers l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Son programme d’aide s’articule autour de six priorités concernant la bonne gouvernance et dans une moindre mesure le développement du secteur privé et l’environnement.
En 2004-2005, l’aide publique au développement du Canada envers le Gabon s’est chiffrée à 5,48 millions de dollars.
Les nouveaux partenaires du développement : le BRIC
La diversification économique du Gabon consiste en une série de partenariats avec des pays qui jusqu’ici ne figuraient que très timidement dans son carnet d’adresses diplomatique et économique.


