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jeudi 14 février 2008

Si l'Afrique exporte, elle gardera ses migrants

C'est le titre d'un entretien publié hier mercredi dans le quotidien français Ouest France ; entretien du démocrate libéral malien Soumaïla Cissé par le journaliste Philippe Gaillard. Le Continent noir peut décoller, assure Soumaïla Cissé. À condition que l'Europe abaisse ses barrières douanières et investisse. Agir pour le Développement Canada vous laisse le soin de découvrir le reste de cette entrevue...

Que répondez-vous à ceux qui ne croient plus au développement de l'Afrique ?

Selon les statistiques, avec deux dollars par jour en moyenne pour vivre, nous devrions tous être morts ! Or, l'Afrique est bien vivante et ne demande qu'à entrer dans le commerce mondial. Il existe chez nous une économie informelle, populaire, très réelle, qui représente 70 % de l'activité globale. Il faut arrêter de considérer l'Afrique uniquement sous l'angle de la pauvreté et de l'agriculture. Nous avons un devoir de génération. L'État doit mettre en place les moyens du développement, mais ne doit pas se mêler de tout.

Comment entendez-vous lutter contre l'émigration clandestine des jeunes Africains vers l'Europe ?

Les Européens et le Fonds monétaire international nous disent : « Baissez vos frontières, libéralisez vos économies mais, surtout, ne laissez pas partir vos hommes ! » Je leur réponds : « Si vous prenez nos médecins, prenez aussi nos malades ! » Commencez par laisser entrer nos produits et arrêtez de protéger votre agriculture. Le développement économique fixe les populations. Si nos jeunes trouvent du travail, ils resteront chez eux. S'ils n'ont pas les cartes en main, ils prendront des cailloux ou ils partiront. Les murs et les barrières ne suffiront pas à les arrêter. L'Europe doit cesser de se donner bonne conscience en Afrique. Elle doit y investir massivement, comme elle l'a fait en Europe orientale. Sinon, nos pays deviendront de vrais souks : on y achètera et on y vendra, mais on n'y produira rien.

Quels sont les domaines prioritaires où il faut investir chez vous ?

Notre programme de développement économique régional prévoit de moderniser les infrastructures, d'améliorer l'exploitation des ressources naturelles et agricoles, l'éducation et la santé, de garantir la sécurité alimentaire et la fourniture d'énergie. Un exemple : entre Bamako et Abidjan, où circulent près de 500 camions par jour, il manque 200 km de route bitumée, soit 8 milliards de francs CFA (12 mil-lions d'euros). Nous voulons aussi construire un grand hôpital privé de référence dans la zone, pour éviter les évacuations d'urgence vers l'Europe. Nous voulons faire de l'UEMOA un ensemble cohérent, en levant les entraves entre nos pays pour attirer des investisseurs. Il y a de la place pour de grands espaces capitalistiques. N'ayez pas peur d'investir en Afrique ! Dans tous les domaines. Nous devons d'abord créer de la richesse pour créer de l'espoir. C'est plus sain que les anciens rapports de coopération qui n'ont jamais amélioré la situation des plus pauvres.



lundi 21 janvier 2008

L’Europe pille-t-elle l’Afrique ?

Les 8 et 9 décembre derniers s’est tenu à Lisbonne un sommet Union européenne-Afrique. Lors de cette rencontre, l’UE a dû faire face à la vive opposition de nombreux pays africains, Sénégal en tête, au sujet des accords de partenariat économique (APE). Ceux-ci sont censés prendre le relais de l’accord de Cotonou (signé en 2000), qui garantissait jusqu’au 31 décembre aux pays de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) un accès sans taxes au marché européen pour certains de leurs produits centraux, essentiellement agricoles.

Prenant acte, avant même le sommet euro-africain, de ce qu’elle ne parviendrait certainement pas à obtenir la signature de l’ensemble des six sous-régions ACP à la date butoir du 31 décembre 2007, l’UE a choisi de conclure des accords « intérimaires ».

Concrètement, ces accords ne concernent que le commerce des biens et peuvent être signés pays par pays avec l’UE. Présentée côté européen comme un geste de bonne volonté, pour laisser un temps « d’adaptation » aux pays africains, cette démarche est vivement critiquée par les ONG et les divers mouvements progressistes, que ce soit en Europe ou en Afrique.

La libéralisation du commerce des biens, dans des économies essentiellement basées sur l’agriculture, consiste bien à faire s’affronter des poids lourds et des poids plume. Et, de toute façon, l’objectif d’APE complets reste en vigueur, avec la perspective d’une perte de recettes douanières pourtant cruciales pour le développement des services publics fondamentaux en Afrique.

Par ailleurs, alors que l’UE prétend se soucier de l’intégration régionale dans ce continent, c’est-à-dire du renforcement des échanges entre les pays africains, elle contourne avec ces accords intérimaires l’échelon régional. L’Afrique de l’Ouest, organisée en Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), se divise. Dans cette zone, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont ainsi déjà signé de tels accords avec l’UE. La CEDEAO tenait justement hier son premier sommet de l’année à Ouagadougou, la capitale du Burkina.

Et la question des APE n’a pas manqué de faire à nouveau l’objet de vifs débats, qui, au fond, renvoient à une question fondamentale : l’Europe pille-t-elle l’Afrique ?

L. E.
source : l'Humanité

mercredi 8 août 2007

Gabon : ouverture d'un séminaire sur le commerce équitable

Le premier ministre gabonais, Jean Eyeghé Ndong a présidé lundi à Libreville, la cérémonie d'ouverture du séminaire atelier sur le processus d'intégration de la filière commerce équitable et certification des produits artisanaux.

« Le commerce équitable est un enjeu futur majeur pour nos artisans et notre pays. Il est donc urgent que nous puissions valoriser les potentiels locaux des artisans, cela exige tout un travail d'organisation en amont, et c'est ce travail qui vous est demandé», a déclaré Eyeghé Ndong en s'adressant aux participants.

Pour M. Eyeghé Ndong, le développement durable du pays exige une prise en compte de tous les secteurs de l'économie nationale afin d'accéder à un seuil de croissance plus élevé.

« J'ose espérer qu'a l'horizon 2011, beaucoup de produits des artisans gabonais seront présents sur le marche "Equitable" », a-t-il souhaité.

Cet atelier qui prend fin mardi prochain vise à donner aux participants une opportunité de lutter contre la pauvreté et de permettre aux producteurs de tirer profil du fruit de leur labeur et vivre dignement tant en milieu rural qu'en milieu urbain.

Il s'inscrit dans la suite logique d'un certain nombre d'initiatives déjà prises par le ministère gabonais de l'Economie Sociale et de l'Artisanat, notamment l'appropriation par les gabonais du concept du commerce équitable et des opportunités qu'il offre.

En mars denier, le ministère gabonais de l'économie sociale et de l'artisanat a lancé, pendant vingt jours une campagne de sensibilisation sur l'économie sociale au Gabon avec objectif d'amener les gabonais à saisir les opportunités d'affaires dont regorge ce secteur
.

A cet effet, il fallait présenter aux populations gabonaises les opportunités d'affaires que regorge le secteur de l'Economie Sociale afin de susciter les forces de création dans l'optique économique actuelle du pays.

source : gabonews

jeudi 28 juin 2007

Afrique : la Chine instaure un Fonds de Développement

La Chine a institué mardi le Fonds de Développement Chine-Afrique d’un montant d’un milliard de dollars pour financer le commerce et l’investissement des entreprises chinoises en Afrique. La création de ce fonds a été l’une des huit mesures arrêtées par le Président Hu Jin Tao lors du troisième sommet Chine-Afrique qui s’est tenu en novembre dernier à Pékin et à l’issue duquel la Chine s’était engagée à forger un nouveau type de partenariat stratégique avec le continent africain.

Le fonds devrait mettre l’accent sur l’agriculture et les industries manufacturières, les infrastructures et les industries sous-jacentes, les ressources naturelles telles que le pétrole, le gaz et les minéraux solides, ainsi que les parcs industriels créés par les entreprises chinoises en Afrique.

Les pays africains avaient à plusieurs reprises demandé à Pékin de les aider en investissant dans des projets de développement et en renversant la tendance actuelle dans les relations économiques qui sont encore basées sur le commerce et l’inondation des marchés africains par des produits chinois, a déclaré à Pékin un diplomate africain, qui précise que les Africains « espèrent que la Chine pourra nous aider en investissant réellement dans les différents secteurs d’activités en Afrique ».

« Il semble que ce fonds n’est destiné qu’à soutenir les entreprises chinoises travaillant en Afrique ou celles qui envisagent de s’implanter sur le continent. Jusqu’à présent nous ne savons pas s’il est possible à un pays africain de soumettre un projet de développement à ce fonds », a ajouté le diplomate qui a requis l’anonymat, ajoutant que toute politique tendant à conditionner une quelconque aide à l’achat de biens et services en provenance du pays donateur est vouée à l’échec.